Du désert aux nuages – Lionel Wehrlé

D’abord et avant tout, merci à Libirinova qui m’a procuré le livre de Lionel Wehrlé en service de presse. Ceci est la toute première chronique que je consacre à un recueil de poèmes. L’exercice est bien différent de la rédaction d’une chronique de roman. J’espère par mon approche vous donnera envie de découvrir le recueil “Du désert aux nuages” de Lionel Wehrlé. N’hésitez pas à réagir dans un commentaire si vous avez des questions ou suggestions qui pourraient améliorer mon approche.

Passons donc à ce beau recueil. Plongez-vous dans ces deux premiers vers, qui synthétisent bien ce que Lionel Wehrlé vous y propose :

Je me découvre à chaque mot à chaque phrase

Chaque poème qui débute est un voyage

Du désert aux nuages – Lionel Werhlé

Cette découverte à chaque mot, chaque phrase, je la reconnais bien dans mon propre travail d’écriture. Chaque nouvelle, chaque roman sont pour moi aussi autant de voyages. C’est dire si dès les premières paroles écrites, l’auteur capte mon attention 😉 .

Ce qu’il y a de particulier dans la lecture de la poèsie, c’est un sentiment de s’approcher non pas à fleur de peau, mais plutôt à fleur de cœur de l’auteur. Il émane de la poèsie une intimité qui a quelque chose d’exhibitioniste pour l’auteur/de voyeuriste pour le lecteur, comme si l’on regardait un nu que l’auteur aurait photographié en autoportrait. Tantôt avec habileté et contrôle, tantôt dans un moment de pure vulnérabilité, fragilité. Toute la beauté et toute la laideur de la condition humaine peuvent y attérrir, comme ça. Et puis il y a le lecteur qui perçoit la poèsie tel qu’il est, pas telle qu’elle est. Ce jeu de voyeurisme, de rythme, de reconnaissance et de distance, je le retrouve à travers Du désert aux nuages. Le rythme soutenu, les rimes et autres figures de styles des poèmes de Lionel Wehrlé ont sur moi l’effet de me bercer. L’état demi-somnolent qui en découle me fait baisser ma garde, j’accepte les griffes et les coups froids qui défilent en passant, entre les moments de douceurs.

En approchant à fleur de coeur l’auteur des vers, l’on peut aussi s’approcher soi-même à fleur de cœur, intérieurement. Le recueil devient compagnon de route. Et comme dans la rencontre de l’autre et de soi, je trouve dans la rencontre des poèmes de Lionel Wehrlé ceux qui m’inspirent immédiatement un sentiment de me voir dans un miroir et puis ceux qui me montrent que non, finalement, nous sommes profondément différents.

Même si nous sommes bien différents à certains moments de ce recueil, les derniers vers me rappellent que malgré toutes ces différences, nos cheminements sont souvent ô combien comparable.

J’expire les spectres de mon passé présent

J’expire les tombeaux j’expire les défunts

J’expire le néant j’expire les brisures

J’expire ô j’expire j’expire dans un souffle

Du désert aux nuages – Lionel Wehrlé

Je suis reconnaissante à Lionel Wehrlé d’avoir écrit ces vers. C’est presque comme si je pouvais les signer, et dire : voilà, c’est moi qui parle. Toutefois, je ne suis pas encore allée jusque-là dans l’auto-portrait à nu. J’écris surtout des nouvelles et romans, mais parfois aussi des textes plus poètiques. Je vous invite à découvrir, outre le recueil de Lionel Wehrlé bien entendu, le poème en prose extrait de mon deuxième roman, et que j’ai publié séparément sous le titre « La Terre se livre ».

2 thoughts on “Du désert aux nuages – Lionel Wehrlé

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  1. Merci, encore une fois d’avoir écrit une si belle et si pertinente chronique sur ce désert nuageux de mon esprit! Et merci d’avoir mis l’accent sur ce qui nous rapproche. C’est ce que j’aime dans la littérature et sa critique: chercher les points de contact, les similitudes, les rapprochements entre des auteurs si différents par ailleurs.

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